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Action environnementale de l'A88 - Ouest-France du 31 mai 2013














> Interview de Jean-Yves Goavec par Ouest-France

 

« Les tarifs de l'A88 ne sont pas fixés librement »

Selon Jean-Yves Goavec, directeur général d'Alicorne, l'attribution de subventions aurait permis de réduire les tarifs. Mais les pouvoirs publics n'ont pas retenu cette solution.

Trois questions à...

Jean-Yves Goavec, directeur général d'Alicorne, la société constituée pour la réalisation et l'exploitation de l'A88.

Les prix au péage de l'A88 alimentent les mécontentements (O.F. d'hier). Comment ont-ils été fixés ?

Il faut relativiser : à ce jour, nous n'avons reçu que deux messages d'usagers mécontents des tarifs. Mais nous savons que d'autres s'expriment dans vos colonnes et comprenons ces réactions. Évidemment, tout le monde aimerait payer moins cher. Mais l'A88 trouve déjà son public. En matière de tarifs, nous sommes sous le régime de contrôle des prix : les tarifs d'A88 ne sont pas fixés librement par Alicorne. Ils ont été fixés dans le contrat de concession signé avec l'État, qui s'est assuré que leur niveau correspond à la nécessité économique. Les recettes de péage sont les seules ressources d'Alicorne. L'attribution de subventions aurait permis de réduire les tarifs, mais aurait fait supporter la charge du financement par les contribuables. Les pouvoirs publics n'ont pas retenu cette solution.

Est-il exact de dire que cette autoroute est l'une des plus chères de France ?

Non. Les tarifs d'A88 sont dans la moyenne nationale des autoroutes attribuées depuis que l'Union européenne a interdit la pratique de « l'adossement », consistant à financer les autoroutes nouvelles avec les recettes de tronçons déjà amortis. On ne peut pas comparer les tarifs d'A88 avec ceux pratiqués sur les itinéraires construits il y a 20 ans. En revanche, ils sont comparables à ceux des A28, A19 et A41, réalisées récemment. Les coûts, eux aussi, ont augmenté. En 2010, on ne construit pas une autoroute comme il y a cinq ou dix ans. Les exigences environnementales se sont considérablement renforcées et conduisent à des investissements (35 millions sur A88) qui se reflètent dans les tarifs. Comme les impératifs d'aménagement du territoire, l'A88 offre une desserte exceptionnelle avec un échangeur tous les 7 km et deux portions gratuites. Au total, A88 c'est 270 millions d'investissement, dont environ 200 millions de dettes que les recettes de péage doivent permettre de rembourser.

Quelles sont les leçons des premiers jours de fonctionnement ?

Tout s'est très bien passé. Actuellement, les chiffres sont d'environ 5 000 véhicules par jour sur la section Sées-Argentan et de 4 500 véhicules par jour au péage de Rônai. Au 12 septembre, cela représente 3,5 millions de kilomètres parcourus sur l'A88 ! Pour un bilan, il faudra attendre une année complète d'exploitation et le référencement sur tous les outils de navigation. Mais ce démarrage nous permet de rester confiants dans nos prévisions : 4 900 véhicules-jour au péage de Rônai en 2011 et croissance du trafic de 2 % par an à partir de 2015.

 

Propos recueillis par Eric de GRANDMAISON.

Août 2010

Inauguration de l’autoroute A88

L’axe autoroutier central de la Basse-Normandie.

Dominique Bussereau, Secrétaire d'Etat chargé des Transports, et Joël Rousseau, Président d'ALICORNE, la société concessionnaire de l’autoroute A88, ont inauguré officiellement le jeudi 26 août 2010, l'autoroute A88 entre Falaise et Sées, sur l’axe Caen-Le Mans, en présence de Didier Lallement, Préfet de la région Basse-Normandie, Bertrand Maréchaux, Préfet de l’Orne, Sylvia Bassot, Député de l’Orne, Yves Deniaud, Député de l'Orne, Jean-Claude Lenoir, Député de l'Orne, Alain Lambert, Sénateur, Président du Conseil général de l’Orne, Nathalie Goulet, Sénatrice de l'Orne, Laurent Beauvais, Président du Conseil régional de Basse-Normandie, Anne d’Ornano, Président du Conseil général du Calvados, et Jacques Leforestier, Maire de Rônai.

Attendue depuis 1990, la réalisation de l’A88 rapproche désormais le Calvados et l’Orne et relie directement la Basse-Normandie et ses ports à l’axe Calais-Bordeaux. Cette autoroute constitue de fait un véritable outil de désenclavement et d'optimisation de l'aménagement du territoire.

Elle sera ouverte dès le 27 août, avec deux mois d'avance sur le calendrier initial.

Avec sept diffuseurs et deux sections gratuites, l'A88 offre une desserte locale exceptionnelle. Sa construction a, par ailleurs, fait l’objet d’un investissement environnemental très important pour la protection du milieu naturel et la préservation de la biodiversité.

La réalisation de l’A88 a été entièrement financée sur fonds privés. Alicorne a été retenue en 2008 par l’Etat pour assurer le financement, la conception, la réalisation, l'exploitation et la maintenance de l'A88. L'association d'entreprises de construction de taille intermédiaire réputées avec le groupe Caisse des Dépôts et Consignations a permis l'émergence d'un nouvel acteur sur le marché des concessions d’infrastructures. Le montant de l’investissement s’élève à 270 millions d'euros. La durée de la concession est de 55 ans.